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N°2 "Humeur"

2020


  • Murielle Senaux

"Respiration"

2020


Lumière céleste éclatante vers le visage en apothéose

Le vol mélodieux des mouettes chasse les parasites de sa conscience

Elles dessinent dans le ciel des cercles invisibles pour intercepter l’arrivée du destin

Une ligne blanche sur l’horizon flottant accentue le bruit d’un bateau

Le lézard retourne à l’abri et le crabe dans sa cachette

Chacune à leur tour les vagues abordent et enlacent les rochers

Désormais attendris par les gouttelettes d’écume qui dégoulinent en cadence

Il se peut que le bonheur dure plus que cet instant

Une parenthèse que l’homme libre laissera ouverte

Pour une contemplation prolongée et certes inépuisable

Surplombant la crique des voix adolescentes viennent effaroucher l’harmonie

Et à l’avenir inonder la plage de leur allure joviale

Toujours la vie surprend comme le soleil tape la peau blanche à présent découverte

Alors elle s’en va glisser avec délectation dans le velouté de l’océan

Sa caresse fait frémir son corps puis le courant se propage à l’intérieur

Les ombres se désagrègent les pores se dilatent

Sa respiration fuse


Le sable immaculé n’est dorénavant que traces

Enfoncées par des pieds d’enfants et du chien suiveur

Déjà la mer revient de son étirement matinal

Une brise annonce la venue du divin

Soulevant son désir d’entrain et de tressaillements dans l’âme

Tout autour et au-dedans par-delà les frontières

Le ressac enivre sa nuit et bouscule enfin ses rêves qui poussent l’entrée

  • Murielle Senaux

"Hauteur"

2020



Le verbe succombe au périlleux hémisphère, il inspire un air défraîchi. L’entendement du passé active la perception de l’élan courtois. Prodige version orageuse qui ne nuit pas aux préceptes humains.


Que dis-je.


Il faut se souvenir de la mésange enchantée, elle tourne à la hauteur du mirador qui submerge son chant teigneux et foudroie l’ombre qui passe, miracle translucide.


Toujours s’évanouir dans la cachette, atteindre l’hymen et décaper les vautours.


Leurs paroles sournoises bourdonnent dans mes tympans, la rougeur devient âpre et grumeleuse, ils croulent telles des bécasses, devant un présent enorgueilli.


Leurs épaules tombantes fixent la forme à être, ils pénètrent à pas lents dans la pièce où déclament à foison les badauds assoiffés, ils scrutent la lumière aveuglante pour des yeux moribonds, par leurs gestes dépêchés ils n’atteignent que la ligne, et d’une pensée inféconde et inerte, s’y attachent.


Leur volonté incapable les entraîne dans la couleur fade d’une alcôve léchée par des pitoyables appendices, et les présente à l’insoumise défunte que sera leur maniement et leur approche ajournée.


La cohorte s’efface devant cette cantonade de craintes, pour aller stagnant derrière l’opercule du vide. Une place bien gardée au pouvoir d’asservissement dans l’étendue bienveillante et désarmée.


Ne reste que le son des larmes cachées, et l’oiseau qui essaime son cri tout en haut, tout au loin, du mirador, presque effacé.

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